visualisez toutes les campagnes


Le père Orville Desilva SJ, directeur de projet au JRS Afghanistan à Bamiyan parle du programme éducatif du JRS au cours d'une récente visite au JRS/Etats-Unis à Washington DC. (Christian Fuchs / Service Jésuite des Réfugiés/Etats-Unis)

Washington DC, 28 novembre 2016 – Alors que de nombreuses organisations internationales d'aide se sont retirées d'Afghanistan ces dernières années, le Service Jésuite des Réfugiés reste engagé à aider à instruire la jeunesse de la campagne – en particulier les filles et les jeunes de groupes marginalisés. Le JRS recrute activement des filles dans ses programmes d'éducation en Afghanistan, s'efforçant d'avoir au moins 50% du corps étudiant composé de filles. Et dans un pays où, souvent, la tradition veut que les filles étudient séparément des garçons, la plupart des classe du JRS sont mixtes, organisation visant à rompre des barrières sociales inhibitives qui peuvent décourager - ou carrément empêcher - des filles de continuer leurs études.

Père Orville Desilva SJ, directeur de projet du JRS pour la région Bamiyan d'Afghanistan a dit que, à cause de l'œuvre de longue date du JRS en Afghanistan, le JRS a bâti des rapports solides, de pleine confiance avec de nombreuses communautés permettant aux parents de se sentir à l'aise quand ils envoient leurs filles étudier dans les centres d'apprentissage.

« Ce n'est pas très fréquent (en Afghanistan) que des parents envoient leurs filles étudier dans une autre province, mais nous œuvrons en contact très étroit avec la communauté locale et celle-ci soutient le travail que nous faisons» a dit le père Desilva, originaire de l'Inde, au cours d'une récente visite au JRS/Etats-Unis à Washington DC. «Ils voient l'impact de nos programmes sur la communauté.»

Le JRS forme environ 5.000 étudiants annuellement dans la ville de Bamyan, qui se trouve le long de l'ancienne route de la soie. L'instruction comprend des cours d'éducation «complémentaire» qui comprennent la langue anglaise, l'informatique et la formation des enseignants, ainsi qu'un programme en ligne avec diplôme, qui est très populaire parmi les jeunes qui veulent continuer leurs études après avoir obtenu leur diplôme d'école secondaire. Le JRS aide aussi à préparer les étudiants à passer l'examen d'entrée à l'université. 

Tandis que d'autres écoles privées dans la région offrent aussi des cours d'anglais très populaires, les parents et les étudiants – spécialement les filles – sont attirés par le JRS parce que «nous avons essayé de créer un espace sûr où les jeunes peuvent venir étudier» a dit père Desilva.

Environ 60% de tous les étudiants de l'école du niveau secondaire dans des programmes JRS en Afghanistan sont des filles, a-t-il dit. La participation des filles atteint approximativement 75 % pour les cours supérieurs à l'école secondaire préparant à un diplôme, offerts à travers le Jesuit Worldwide Learning: Higher Education at the Margins, ou JC:HEM  Les cours ont lieu à Bamiyan et dans la province voisine Herat.

Une autre initiative éducative innovante que le JRS a initié cette année à Bamiyan s'appelle «Each One, Teach Some» 'Chacun enseigne à quelques-uns '. Dans ce programme, des étudiants de régions rurales se rendent à Bamiyan pour une période de trois à quatre mois d'apprentissage intensif de la langue anglaise puis rentrent chez eux pour passer leurs nouvelles connaissances linguistiques à d'autres. Des 50 étudiants provenant de la province éloignée de Daykundi qui ont pris part à ce programme l'hiver dernier, plus de la moitié étaient des filles.

«Nous disons aux étudiants 'Vous avez appris l'anglais au JRS, vous en avez bénéficié, maintenant vous devez le rendre à votre société» a dit le père Desilva. «Nous les rendons conscients dès le début du fait qu'ils ont une responsabilité envers leur communauté.»

Le JRS Afghanistan aide aussi quelques-uns de ses étudiants à obtenir des bourses pour des instituts jésuites en Inde, dont beaucoup reviennent dans leur pays après leurs études pour travailler avec le JRS.

«Nous pensons que c'est quelque chose qui est une manière d'aller de l'avant, parce que, pour diverses raisons, il n'est pas possible que de nombreux jésuites soient en Afghanistan» a dit Desilva, un des deux jésuites qui œuvrent dans le pays pour le JRS. « Mais les personnes qui travaillent avec nous partagent la même vision et la même mission et ont la capacité de transmettre et continuer le travail que nous faisons en Afghanistan.»

Le JRS œuvre surtout avec les communautés Hazara, les plus vulnérables et marginalisées. Pendant le régime taliban quelques Hazara ont fui en Iran où ils ont partagé une langue commune, le persan, avec les Iraniens. Après la retraite des Talibans, de nombreux réfugiés sont retournés en Afghanistan et se sont installés dans les grandes villes pour chercher du travail.

Les étudiants Pashtun et Hazara étudient les uns à côté des autres dans les classes du JRS ce qui, dit le père Desilva, « crée une très bonne plateforme où les étudiants peuvent interagir l'un avec l'autre et dépasser, dans une certaine mesure, les différences ethniques qu'ils pourraient avoir.»

Le père a ajouté qu'il aimerait étendre les programmes à Bamiyan et ailleurs en Afghanistan, mais affronter les difficultés bureaucratiques peut être un obstacle. 

« Mais nous pouvons certainement examiner des manières de développer ce que nous faisons et atteindre beaucoup plus d'étudiants ainsi que quelques écoles dans les régions plus rurales autour du centre de Bamiyan.» a encore dit père Desilva.

Vous pouvez soutenir le programme éducatif du JRS en Afghanistan et dans le monde. S'il vous plait, cliquez ici pour faire un don sûr en ligne aujourd'hui même.