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Randa parle de son livre pour enfants à la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants du Centre social d’éducation du JRS à Baalbek, au Liban (Kristof Holvényi/JRS MOAN)

Baalbek, 24 avril 2017 – Randa est une femme courageuse qui a affronté toutes les plus graves difficultés.  Au cours de ces dernières années elle a vu et connu la faim, la misère, les bombardements et la souffrance, la  destruction et la mort. Mais Randa  n’est pas une personne qui se laisse abattre. Elle a un esprit indomptable.

Aujourd’hui, cette réfugiée syrienne, qui habite actuellement à Baalbek, au Liban, voudrait que les enfants du monde entendent son histoire. Son histoire, écrite en arabe, est poignante, et illustrée avec ses propres dessins et peintures. Au lancement du livre, au Centre social d’éducation du JRS à Baalbek, le 11 avril 2017, Randa était tout sourire : « Aujourd’hui, c’est le plus beau jour de ma vie » s’est-elle exclamée.

Le lancement du livre faisait partie d’une cérémonie de remise de diplômes, au cours de laquelle des femmes ont reçu leur certificat de bonne conclusion d’un cours organisé par le JRS, en langue anglaise, en informatique, ou en cosmétologie. La plupart des diplômées étaient des réfugiées syriennes, mais quelques-unes venaient de la communauté locale libanaise, ce qui est un significatif pour promouvoir davantage d’inclusion dans la société. Quelques-unes des diplômées ont parlé de l’impact que ce cours a eu sur leurs vies, le sentiment d’appartenance qu’elles avaient ressenti  au Centre du JRS et comment elles s’étaient  fortement transformées.

Randa a exposé au public les raisons qui l’ont convaincue d’écrire son histoire. Arrgheef Alyabes,qui veut dire  Le pain sec, semble être un conte de fées. En réalité, c’est l’histoire  de la souffrance et de la misère dont sa famille et elle-même, ainsi que de nombreux autres Syriens, ont fait l’ expérience. Quelquefois, après avoir écrit un passage, elle l’a lu à ses deux enfants, Akram et Hamza, douze et six ans, et ils l’aimaient beaucoup.

En écrivant une histoire ‘pour enfants’, Randa a voulu rendre les enfants conscients de ce que sont les tiraillements  de faim, de ce que cela veut dire être personne déplacée, fuyant désespérément dans un lieu sûr, mais, souvent, sans savoir où aller. Elle espère que son histoire encouragera beaucoup d’enfants et d’adolescents à  réaliser que la nourriture est un droit de base pour tout le monde et qu’ils doivent le requérir, se préoccuper pour cela et partager avec les autres, ainsi qu’accueillir et accepter les étrangers. Cette ‘histoire pour enfants’ a un message qui devrait être lu par tous.

Tandis qu’elle parle de son histoire, des souvenirs pénibles la bouleversent : la mort de sa jeune sœur en accouchement ; comment ses neveux et nièce avaient dû survivre avec de la ‘viande pour chat’ ; comment la faim peut anéantir l’esprit de presque tout le monde.

« Pour une personne affamée » dit-elle « même le ‘pain sec’ signifie la survivance, cela signifie l’espoir et cela peut signifier une nouvelle vie. » Pour Randa, avoir quelque chose à manger est un droit de base de tout être humain et la guerre viole ce droit.

Randa est aussi une artiste accomplie. Elle a illustré son histoire avec plus d’une douzaine de dessins et peintures dans de vibrantes couleurs. Elle montre du doigt avec plaisir d’autres dessins et peintures qui décorent le Centre Social du JRS. Elle a aussi offert un cadeau spécial au JRS : une très belle assiette en céramique peinte et un sac, en expression de gratitude.

Depuis plus d’un an maintenant, Randa fréquente le JRS. Elle est très reconnaissante au Jrs pour l’identité et le sens qu’elle y a acquis.  Elle est contente d’avoir bien réussi ses deux cours, celui d’informatique et celui de langue anglaise. Elle a pu les suivre notamment parce que ses deux fils reçoivent l’attention et l’aide scolaire nécessaires de la part du JRS.

Pour Randa, la vie a été un long et difficile voyage de Al-Zabadani en Syrie. Nada El-Myr, la directrice de projet du JRS Baalbek évoque le sentiment qu’ont de nombreuses personnes : « Randa symbolise pour nous tous la force et l’espoir. Elle est un notable exemple de femme qui réalise ses buts, malgré les nombreuses difficultés et souffrances. Quelqu’un qui aide à rendre le monde un lieu un peu mieux vivable. »

Père Cedric Prakash SJ