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David Bulambo et ses trois enfants, qui vivent actuellement à Hamilton, Ontario, au Canada. (JRS USA)

Ontario, 3 juillet 2017 - «Etre père est une responsabilité pour toute une vie. Vous ne vivez plus seul, maintenant, vous vivez une vie qui est liée à celle des autres membres de la famille. En particulier, si un membre de votre famille a des besoins spéciaux, la responsabilité est encore beaucoup plus grande» dit David Bulambo, un ancien réfugié congolais qui a été réinstallé au Canada le mois dernier avec ses trois filles dont deux ont des besoins spéciaux.

David a quitté son pays natal, la République Démocratique du Congo (RDC), en 1996. A cette époque, il était seul, fuyant un conflit qui a fait de très nombreuses victimes, notamment quatre membres de sa famille. David a pensé à retourner en RDC, mais deux décennies plus tard, la situation n'avait pas amélioré et David était encore un réfugié.

Au cours des cinq premières années, David était seul en essayant de survivre dans ce qu'il appelle «la vie la plus dure» dans le camp de réfugiés de Kakuma, à 120 km de la frontière du Soudan du Sud. «Entrer dans un camp pour réfugiés est une expérience qui perturbe la vie. Vous êtes isolé du monde, et dépendez de l'assistance. L'espoir est complètement perdu à ce moment.

La vie dans le camp est restée pénible jusqu'à ce que le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) ait initié un programme de bourses d'études dans le camp de Kakuma, et David a été un des premiers à en faire demande. Il dit que le jour où il a été accepté a été le jour où il a trouvé une nouvelle opportunité dans sa vie. Il savait que l'éducation était la seule manière de sortir du camp, et il avait raison. Après avoir terminé son premier degré d'étude en communication et langage en 2008,il a obtenu une autre opportunité pour aller à Nairobi et continuer le deuxième degré. «Le JRS a été le fondement pour bénéficier d'une instruction supérieure, et de tout le reste qui est venu après» dit David.

Quand il a déménagé à Nairobi, David a aussi fondé une famille, il s'est marié et est devenu le père de trois filles. Bien que la paternité soit la plus grande joie de David, il a rapidement découvert son défi quand une de ses filles a été diagnostiquée autiste. «Quand on découvre qu'un membre de la famille a un problème de santé qui est incurable, c'est accablant.» Et David ne savait pas du tout par où commencer «J'ai dû consulter internet pur comprendre ce que c'était» dit-il.

Les choses sont devenues encore plus difficiles pour David quand sa deuxième fille a commencé à montrer des symptômes similaires et a finalement été diagnostiquée comme autiste elle aussi, et sa femme a commencé à souffrir de grave dépression. Les écoles n'acceptaient pas ses filles, les experts étaient trop chers, et il a pris en charge tous le poids de la famille.

«Je devais être à la maison 24 heures sur 24 – toujours préoccupé que tout était OK. Quand je ne suis pas là, ils sentent mon absence. Je dois protéger tout le monde dans la maison. C'est pour cela que je dis qu'être un père est une responsabilité de toute une vie.

L'amour de David pour sa famille n'a jamais changé et est même devenu plus fort.

Ensuite, David a reçu la nouvelle qu'il serait réinstallé avec sa famille, à Hamilton, Ontario, au Canada – un endroit où il y a la disponibilité de ressources pour ses enfants et sa femme. «Au Canada, il y a de l'espoir.» dit David. Un mois seulement après son entrée dans sa nouvelle vie, David a déjà contacté les écoles où seront acceptées ses filles, et a trouvé un soutien pour leurs besoins particuliers.

David dit qu'il possède l'espoir que lui a donné l'éducation qu'il a reçue en tant que réfugié. «L'éducation a un potentiel d'ouvrir la vie d'une personne. C'est ce qui m'a donné le mien.» Son éducation a été fondamentale pour sa capacité de faire face au monde autour de lui, même quand les choses le mettaient à l'épreuve. Et l'éducation reçue lui donne maintenant les moyens pour commencer une nouvelle vie et être un père.

David a aussi un message pour les autres pères réfugiés comme lui: « Les pères ne doivent pas perdre l'espoir. Nous devons être constants en prenant soin de nos enfants, parce que leur avenir dépend de ce qu'ils ont reçu.»