visualisez toutes les campagnes


Le conflit lui a enlevé une grande partie de son enfance – mais pas de préoccupations pour Kassem. Il est prêt à affronter bravement le défi d’un nouveau monde. (Kristóf Hölvényi/Le Service Jésuite des Réfugiés)

15 mars 2017 – «La souffrance et la douleur sont encore là, mais notre espoir et notre ténacité continue nous pousse à aller de l'avant». Telles sont les paroles de Lola Mousa, originaire de la campagne, près de la ville de Homs, en Syrie.

Tandis que le conflit en Syrie entre dans sa sixième année, la souffrance des gens demeure, sans qu'on puisse en entrevoir la fin. Des conditions météorologiques difficiles et un accès limité aux ressources élémentaires affectent gravement les familles et les personnes déplacées. Joindre les deux bouts représente une lutte quotidienne, à la fois pour les déplacés en Syrie et pour ceux qui ont fui le pays pour trouver refuge ailleurs. Une grande partie d'entre eux vivent dans une extrême pauvreté, étant dans l'impossibilité d'assurer leur approvisionnement en aliments, eau et médicaments. 

Aujourd'hui, Alep constitue à cet égard un exemple édifiant. «Je reviens juste d'Alep. Vous devez savoir ce qui s'y passe. La ville est sans eau, électricité, carburant et sans gaz. Entendre parler de cette réalité n'est vraiment pas comme la vivre», rapporte un membre de l'équipe du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) en Syrie.

Apporter de l'aide humanitaire aux populations touchées par la guerre en Syrie reste un problème urgent. Le fait que certains pays voisins ne puissent pas fournir une aide adéquate pour couvrir les besoins fondamentaux de réfugiés constitue également un sujet de préoccupation constante. Le manque d'assistance est une menace pour la sécurité des personnes vulnérables, ainsi que pour la stabilité et la sécurité de la région.

«Certains pays voisins ayant fermé leurs frontières aux réfugiés, des personnes vulnérables sont bloquées en Syrie et ne peuvent pas fuir. Ceux qui sont hors de la Syrie doivent souvent affronter de sérieuses difficultés pour être enregistrés en tant que réfugiés. En raison de l'absence de protection, les Syriens dans le besoin sont également les plus menacés,» affirme le père Thomas H. Smolich SJ, directeur international du JRS.

C'est à 13,5 millions qu'est estimé le nombre de Syriens qui ont besoin d'une aide humanitaire, et les enfants en constituent la moitié. Plus de six millions de personnes sont déplacées en Syrie même, d'autres ont fui dans les pays voisins du Moyen-Orient, notamment au Liban, en Turquie, en Jordanie et en Irak. Si beaucoup ont cherché refuge en Europe, au Canada et aux États-Unis, seul un petit pourcentage d'entre eux a été vraiment bien accueilli.

Dans le cadre de sa mission visant à servir les personnes les plus démunies, le JRS était déjà présent en Syrie avant le début de la crise, œuvrant avec des Irakiens et d'autres réfugiés. Malgré les difficultés, le JRS a tenu le cap pendant les six années de conflit. Le JRS continue à répondre aux besoins urgents, tout en plaidant pour et avec les Syriens, en faveur d'une vie dans la dignité.

À Damas et à Homs, le JRS gère des centres d'éducation, parallèlement à des programmes de protection de l'enfance et des services psychosociaux pour enfants et adultes. À Alep, les équipes du JRS apportent aux plus vulnérables une aide humanitaire d'urgence consistant en paniers alimentaires et produits non alimentaires. Quand les structures médicales ont été l'objet de bombardements féroces à Alep, le JRS a continué de fournir des services médicaux.

Au Liban, en Jordanie, en Irak, en Turquie et en Europe, le JRS travaille avec des centaines de réfugiés qui ont fui la Syrie, en leur fournissant une aide d'urgence ainsi qu'un soutien éducatif et psychosocial continu.

Malgré les ténèbres dans lesquels ce conflit a plongé le peuple syrien, les équipes et les volontaires du JRS ont connu de nombreux moments d'espoir. Les personnes avec lesquelles nous œuvrons continuent à insuffler l'espoir dans le cœur des Syriens, dans le pays et hors du pays à la fois.

Originaire de Damas, Majeda a fui avec sa famille en quête de sécurité. Elle rêve toujours de devenir avocate. Kassem est un jeune garçon qui, bien qu'ayant perdu une jambe dans un bombardement en Syrie, veut devenir professeur d'art, un jour. Le JRS accompagne des personnes comme Kassem et Majeda pour qu'ils puissent réaliser leurs rêves.

Au cours des prochaines semaines, le JRS racontera les histoires de Majeda, Kassem et d'autres Syriens. Nous vous invitons à écouter leurs histoires de lumière triomphant sur l'obscurité, leurs témoignages de persévérance menant à l'espoir.