Ce site utilise les types de cookies suivants: navigation / session et analytique aussi de tiers. En cliquant sur "Plus d'informations", vous affichez les informations étendues sur les types des cookies utilisés et vous pouvez choisir de les autoriser ou non en naviguant sur le site.
PLUS D'INFORMATIONS
x

visualisez toutes les campagnes


Une femme déplacée à Masisi au Nord-Kivu. (Sergi Camara/Entreculturas)

Goma, 22 février 2018 – Je vis à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu dans la République Démocratique du Congo (RDC). Le contexte de cette région est très complexe : elle a été influencée par de nombreux incidents tragiques comme le génocide rwandais, et par la Première guerre du Congo (1996-1997) ainsi que la Seconde guerre du Congo (1998-2003). Ces conflits ont laissé de profondes blessures politiques, sociales et ethniques desquelles la région ne s’est pas encore remise.

A part tous ces conflits, il n’y a pas de doute que ce qui caractérise actuellement le Nord-Kivu est le coltan. Beaucoup d’entre vous avez certainement entendu parler de ce minéral rare et précieux : c’est une combinaison de deux minéraux avec des propriétés électriques qui sont actuellement utilisées pour la plupart des gadgets technologiques (smartphones, tablettes, télévisions, etc.) Le Nord-Kivu a la chance (on pourrait peut-être dire la malchance) de disposer, selon certaines études, de 80 % des réserves mondiales de coltan. C’est un des lieux à plus grande valeur géostratégique dans toute l’Afrique à cause de ces réserves en coltan.

De nos jours, une extraction est devenue une des principales causes des déplacements et de la violence dans la région. De nombreux groupes armés (plus de 70 dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu) utilisent les mines de coltan comme source de revenu pour gagner du pouvoir, acheter des armes et effectuer leur propre programme politique. Les personnes qui vivent dans ces régions doivent quitter leurs terres, quelquefois parce qu’elles sont exclues de ces terres par la force, quelquefois à cause de la violence perpétrée par des groupes armés. Et quelquefois à cause des dommages environnementaux causés par une extraction. Par conséquent, il y a maintenant plus d’1,7 million de personnes déplacées dans le Nord-Kivu seulement.

Maintenant, la grande question : Que pouvons-nous faire à la maison ?

La première chose que je voudrais dire aux lecteurs de cet article, et à ceux qui sont déjà pris par la passion pour l’aide humanitaire, est de trouver un moyen de venir sur le terrain et aider. Certes, c’est là la façon la plus directe de contribuer un peu à changer les choses. Mais les 99% des autres personnes ? Hé bien, là nous avons tous un rôle à jouer. Chacun de nous porte un peu le Nord-Kivu dans sa poche et chaque fois que nous achetons le dernier modèle de IPhone nous achetons souvent la mort, la vie en situation de quasi-esclavage, et nous contribuons à d’autres dangers collatéraux.

Que pouvons-nous faire ? Exprimé simplement et sans ambages : nous devons changer notre modèle de consommation. Réfléchissez un moment si vous devez vraiment acheter un nouveau téléphone cellulaire quand le vieux fonctionne encore fort bien. Ou encore, nous pouvons nous unir et demander aux entreprises des produits qui viennent de régions pacifiques. Petit à petit, cela peut changer la réalité. Je me rends compte que cela peut apparaître comme très idéaliste mais nous avons le pouvoir de changer le monde et d’en faire un lieu de vie plus équitable.

- Jorge Maldonado Estada, bénévole à JRS RDC

* Jorge travaille pour le JRS à l’aide d’un stage payé offert par la Chaire des réfugiés et migrants de forcé et par l’Institut universitaire pour les migrations (IUEM) de l’université Comillas avec le soutien de INDITEX pour Entreculturas.


Cliquez ici pour afficher d'autres histoires #Do1Thing.