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Beyrouth, 15 mars 2018 –  « Arrêtez ! C’est le seul message que je pourrais lancer » dit un bénévole syrien qui travaille avec le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) au Liban. Le conflit syrien entre dans sa huitième année et la population souffre encore. Il est presque impossible de décrire en mots ce qui se passe et comment les gens se sentent, mais il est plus crucial que jamais d’en parler.

Récemment, le pape François a souligné que ces derniers mois ont été une des périodes les plus violentes du conflit tout entier. « Tout cela est inhumain, on ne peut pas lutter contre un mal avec un autre mal »  a-t-il déclaré.

En ces temps où la population syrienne a le plus besoin de paix, la situation est dramatiquement instable.

Damas est sous le feu. Tous les quartiers sont touchés par les obus de mortier et des centaines de personnes meurent. La situation sur le terrain est très dangereuse : « La mort tombe du ciel au hasard… et nous sommes impuissants de l’arrêter » a dit un membre de l’équipe JRS en Syrie. D’autres zones de Syrie sont récemment tombées dans le conflit. Afrin, un lieu qui avait accueilli un très grand nombre de personnes déplacées est maintenant un lieu d’où fuient des milliers de personnes, sans savoir où aller. Dans la Ghouta orientale, des centaines de milliers de personnes sont prises au piège sous le feu.

Après de longues années de conflit, les conditions de vie sont problématiques, les coûts de logement sont exorbitants, les taux de chômage sont élevés, et l’accès aux services principaux comme les services médicaux et les services éducatifs sont limités.

Les frontières restent fermées. C’est très difficile de quitter la Syrie maintenant et beaucoup de familles ont été séparées et sont dispersées dans des pays différents. C’est le cas de Fatima qui vit maintenant au Liban avec ses filles, alors que ses fils vivent dans la Ghouta orientale. Pendant  quinze jours, ses fils n’ont pas pu sortir de la maison à cause de la violence en cours. Fatima était toujours très optimiste mais maintenant elle ne réussit pas à sourire et ne cesse de pleurer.

Le cas d’Amira est semblable. Elle vit à Bourj Hammoud dans une petite maison d’une pièce non meublée qu’elle loue pour 325 euros. Son mari vit en Allemagne. Elle voudrait le rejoindre avec leurs enfants parce que la famille ne peut pas se permettre le coût de la vie élevé du Liban.

Avec 1,5 million de réfugiés, le Liban héberge le nombre le plus élevé de réfugiés par habitant dans le monde. 76% de ceux-ci vivent sous le seuil de pauvreté, et plus de la moitié sont des enfants.

Amira est si désespérée que quelquefois elle pense à prendre un bateau pour aller en Europe mais elle ne veut pas mettre à risque les vies de ses enfants. Il y a plus d’un an, elle a reçu une communication de l’UNHCR lui confirmant que sa demande de réinstallation avait été confirmée. Elle est encore dans l’attente d’une place. Ces procédures sont très longues. En outre, seulement des réfugiés enregistrés peuvent obtenir une réinstallation ; malheureusement, environ 70% des réfugiés syriens vivant au Liban ne sont pas enregistrés.

Le gouvernement libanais a fait un énorme effort, mais leurs possibilités sont limitées. Après sept ans de conflit, les nombres croissants de réfugiés posent de nombreuses difficultés à l’infrastructure et l’économie du pays. Le Liban ne peut pas porter ce poids par lui-même. La communauté internationale ne doit pas fermer les yeux devant cette situation qui nécessite une approche globale.

Le conflit syrien n’est pas une révolution ni une guerre civile, étant donné qu’il y a des personnes de nombreuses nationalités différentes qui se tuent les uns les autres en Syrie. C’est le chaos. Mais les victimes sont d’innocents Syriens, ceux qui meurent sont syriens et ceux qui fuient sont syriens. Nous devons écouter leurs voix.

La seule solution à cette situation est de cesser de regarder la Syrie avec indifférence, et demander la paix. C’est notre devoir.

Le JRS demande :
 °  Que les parties impliquées arrêtent la guerre et la mort d’innocents civils
 °  Que la communauté internationale partage la responsabilité du soutien des réfugiés vivant dans des pays d’accueil. Les réfugiés syriens dans les pays voisins doivent avoir la sécurité nécessaire et des conditions de vie décentes
°  Que soit garanti l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants syriens (spécialement l’accès à l’enseignement secondaire)
°  Que l’UE et d’autres pays occidentaux accroissent leurs quotas de réinstallation et accélèrent leurs procédures comme participation aux responsabilités
°  Que l’UE et d’autres pays occidentaux fournissent davantage  de  corridors sûrs et légaux pour ceux qui fuient la persécution et les conflits, comme des visas humanitaires, la réunification familiale, ainsi que des visas pour étudiants et apprentis.

Si vous êtes intéressé à soutenir l’œuvre du JRS en Syrie, cliquez ici.