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Portugal: soutien à la santé mentale sur fond de pauvreté et d'exclusion
28 novembre 2013

En 2007 le JRS a décidé d'étendre ses services de santé pour y inclure un soutien en santé mentale destiné à plus de 400 personnes. Un grand nombre de ces dernières vivent dans la misère et certaines ont été déboutées de leur demande d'asile.
Les équipes du JRS ont compris que la foi en Dieu aide ces personnes à faire face à leur situation présente. Ce sens d'appartenance agit comme un outil de protection.
Lisbonne, le 28 novembre 2013 – Bien que dans l'histoire le Portugal n'ait pas été une destination pour les réfugiés, la plupart des migrants forcés soutenus par le JRS dans le pays ont besoin de la protection internationale. Au même titre que les réfugiés dûment reconnus, les migrants forcés fuyant la misère sont aux prises avec la maladie mentale, et en ce qui les concerne ils sont souvent réduits à la misère.

Depuis 1998, le JRS soutient les migrants forcés en leur fournissant des services en diverses matières: social, loi, emploi, santé et hébergement. Conscient de ce qu'un nombre croissant de migrants forcés ont des problèmes de santé mentale, en 2007 le JRS a décidé d'étendre ses services de santé pour y inclure un soutien en santé mentale destiné à plus de 400 personnes. Un grand nombre de ces dernières vivent dans la misère et certaines ont été déboutées de leur demande d'asile.

La santé mentale. Les données recueillies par le JRS depuis 2007 et les études universitaires entreprises par des chercheurs indépendants confirment le lien entre le statut social, juridique et/ou en matière d'emploi des réfugiés et d'autres migrants forcés et leur état de santé mentale. Les recherches sur le lien entre immigration et santé mentale ont constamment souligné comment une spirale descendante en matière de statut social, associée à l'absence de contrôle sur la vie des personnes concernées, a des effets négatifs sur leur santé mentale. D'autre part, la sévérité de l'impact sur la santé mentale dépend du nombre, de l'intensité et de la durée des facteurs de stress endurés par les réfugiés et autres migrants forcés.

En plus des facteurs de stress inhérents au processus migratoire, la situation se détériore rapidement lorsque les migrants forcés prennent conscience qu'ils n'ont plus le droit de rester dans le pays ou d'accéder à l'emploi; et par là-même ils n'ont plus les moyens de faire vivre leurs familles. Dans de telles circonstances, la santé mentale et physique des migrants forcés ne peut que se détériorer.

Pauvreté et isolement social. L'expérience de l'équipe du JRS Portugal chargée de la santé mentale révèle que de nombreux migrants qui leur ont été adressés pour un soutien psychologique étaient souvent sans emploi, sa9f ns papier et marginalisés socialement et économiquement. Ils étaient sérieusement exposés à être exploités sur le marché du travail et vivaient souvent dans des conditions sanitaires déplorables.

Le travail clinique entrepris par le personnel du JRS chargé de la santé mentale a démontré que ces facteurs de stress ont un effet négatif sur le bien-être mental des migrants, qui débouche souvent sur la dépression et l'anxiété, sans parler des sentiments de perte et de deuil, d'isolement, de culpabilité et d'impuissance. Au cours des années, l'équipe a été également témoin de l'incroyable capacité des migrants à endurer des souffrances psychologiques, et de leurs motivations pour améliorer la qualité de leurs vies et de celles de leurs familles qui, pour la plupart, sont restées dans leurs pays d'origine.

En de telles circonstances, il est important que les personnes travaillant au contact des migrants forcés en situation de grande vulnérabilité évitent d'adopter des approches uniquement médicales et psychiatriques focalisées sur les symptômes de leur malaise. C'est pourquoi au sein du JRS Portugal, tous les services travaillent en étroite collaboration. Ceux qui sont responsables de la prévention en matière de pauvreté et/ou les aident à régulariser leur statut juridique, travaillent en étroite collaboration avec l'équipe chargée de la santé mentale. Et c'est vrai en sens inverse, il est essentiel que l'équipe chargée du soutien à l'emploi soit au courant du background social et culturel et de la santé mentale et physique des bénéficiaires.

Toutefois, et c'est tout aussi important, les soutiens ciblés en matière de santé, d'éducation et soins dépendent grandement de la capacité d'adaptation des migrants. C'est pourquoi le JRS Portugal a fait un immense effort pour aider à renforcer les mécanismes naturels de défense des migrants forcés.

On oublie souvent le poids de la croyance et de la communauté de foi, or ces dernières peuvent être une source de force pour les migrants. Les équipes du JRS ont compris que la foi en Dieu aide ces personnes à faire face à leur situation présente. Ce sens d'appartenance agit comme un outil de protection.

En d'autres termes, elle leur donne la force pour traverser cette période difficile. Etant donné le peu de choses qui seront faites dans le court terme par les autorités nationales ou européennes pour traiter les causes des difficultés associées au statut juridique et à leur marginalisation socioéconomique, offrir un environnement accueillant et sûr aidera grandement ces personnes en difficulté.

Maria José Rebelo, Psychologue clinicienne, JRS Portugal

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