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Malawi: les réfugiés atteints d'albinisme trouvent de l'aide au camp
28 janvier 2015

Esther Kurtz, Directrice du pays Malawi, avec quelques-uns des enfants affectés d'albinisme qui ont reçu de l'assistance du JRS au camp Dzaleka (Service Jésuite des Réfugiés Malawi).
La vie est certes un défi dans un camp de réfugiés, et être albinos n'aide pas à l'améliorer. Quelquefois, on a l'impression que les albinos sont systématiquement discriminés, même de la part des organisations qui devraient les aider.
Dzaleka, 28 janvier 2015 – Un grand nombre de personnes dans la région des Grands Lacs et en Afrique de l'Est croient que les parties du corps des personnes affectées d'albinisme peuvent être utilisées comme talismans pour apporter de la chance et de la prospérité. Ceux qui sont affectés d'absence de pigments, qui cause l'albinisme, sont déshumanisés et traités comme des marchandises de valeur, ce qui provoque leur fuite en grand nombre vers le camp Dzaleka. Ces réfugiés albinos partagent des histoires similaires de fuite, et s'ils ont un sentiment de sécurité dans le camp, beaucoup de défis toutefois persistent.

Des histoires partagées de fuite. Koko Haruma a 24 ans et vient du Sud Kivu (République Démocratique du Congo). Il était étudiant en anglais à l'université, quand des rumeurs ont commencé à circuler que des personnes complotaient de l'enlever et de le tuer pour vendre des parties de son corps. Pendant un congé chez ses parents, Koko s'est aperçu qu'il y avait un complot pour le kidnapper. Ses parents lui ont conseillé de fuir au Burundi, mais là il devait continuellement affronter l'insécurité, et la police locale l'a aidé à fuir en Tanzanie. En Tanzanie, un gang a comploté de le tuer et il décida de demander l'asile au Malawi. Il est arrivé au camp de réfugiés Dzaleka en 2011.

Afiwise et Moise sont des enfants, frère et sœur, affectés d'albinisme. Leurs parents ont fui la RDC pour sauver les vies de leurs enfants après avoir été fréquemment menacés de la part de divers groupes du Sud Kivu qui croyaient que massacrer des albinos leur apporterait de la chance. Chacun cherchait à avoir un morceau de leurs corps: des pêcheurs pour augmenter leur prise, des soldats pour être redoutables et invincibles au combat, des hommes d'affaires pour augmenter leurs profits. Un frère de Asifiwe et Moise, albinos lui aussi, avait été tué en 2012. Après ce meurtre, la famille a décidé de fuir vers le camp Dzaleka.

La discrimination persiste. Même après leur arrivée au camp, la discrimination persiste souvent. Asifiwe est maintenant en deuxième année de l'école primaire, mais elle ne joue que rarement avec ses copains, à cause des préjugés qu'elle doit affronter. Les enseignantes font ce qu'elles peuvent pour décourager la discrimination parmi les élèves, mais n'y réussissent pas toujours.

En plus des problèmes que Asifiwe et Moise doivent affronter dans le camp, les parents doivent affronter d'être tournés en ridicule pour avoir tant d'enfants albinos. Les parents sont devenus craintifs et ne laissent pas souvent leurs enfants s'éloigner de leur vue. Cette peur les empêche de travailler pour soutenir leur famille. Quelques personnes les ont encouragés à vendre leurs enfants pour sortir de la pauvreté et ont même offert de les aider à trouver un marché pour eux.

Fournir du soutien. Malheureusement, beaucoup d'organisations dans le camp ne fournissent pas d'aide spécifique à la population albinos. Outre la discrimination, les personnes atteintes d'albinisme doivent affronter des problèmes de santé provenant du manque de pigmentation. Procurer une lotion vitale faisant écran contre le soleil, des lunettes de soleil et des lunettes pour la lecture, et combattre les réactions allergiques qui limitent leurs options nutritionnelles constituent quelques-uns de leurs défis liés à leur santé.

La directrice de pays du Service Jésuite des Réfugiés (JRS) Malawi, Esther Kurz, s'est personnellement intéressée à ce groupe, généralement négligé. Il y a eu un sentiment de soulagement dans le groupe de réfugiés albinos à Dzaleka quand le JRS, en tant que partenaire de mise en œuvre pour le UNHCR, a fourni du savon et des lotions formant écran contre le soleil aux affectés d'albinisme, qui en avaient tellement besoin mais ne pouvaient pas se les permettre. Récemment, le JRS a payé des examens oculaires et fourni des lunettes de lecture pour Koko et Asifiwe.

«Je suis tellement reconnaissant au JRS pour tout son soutien» a commenté Koko. «Très longtemps, nous avons pensé qu'il n'y avait pas d'espoir pour les albinos. La sécurité n'avait pas tellement de sens si nous ne pouvions pas nous permettre une vie décente. La lotion faisant écran contre le soleil aide beaucoup et ma vue a nettement amélioré avec les lunettes.»

Un appel à grande échelle a été lancé pour un soutien de la part d'autres partenaires à l'œuvre dans le camp. Les défis et les problèmes ont été rapportés aux diverses organisations qui travaillent avec les réfugiés, mais aucune n'a, jusqu'à présent, fourni de solution ou n'a réagi.

«La vie est certes un défi dans un camp de réfugiés, et être albinos n'aide pas à l'améliorer. Quelquefois, on a l'impression que les albinos sont systématiquement discriminés, même de la part des organisations qui devraient les aider.»

Percy Chikwela, Directrice de projet pour l'éducation, camp Dzaleka, Malawi

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