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Kenya : des réfugiés donnent un coup de main
31 mars 2016

Jacob, un des fondateurs de l'Africana, se tient dans l'atelier où il enseigne des techniques de couture à des réfugiés nouvellement arrivés (Angela Wells/ Service Jésuite des Réfugiés)
«Quand je suis venu à Nairobi, je suis d'abord allé au JRS pour de l'aide d'urgence. J'ai pu ensuite me prendre en charge et maintenant je prends soin d'autres personnes. Je me sens un peu comme un modeleur, quelqu'un qui chauffe le métal et le transforme en quelque chose de bon»

Nairobi, 31 mars 2016 – Quand Jacob est arrivé à Nairobi il y a huit ans, il a rapidement réalisé qu'il ne pourrait plus travailler comme enseignant d'école secondaire, fonction qu'il remplissait avant de fuir la République Démocratique du Congo. C'est après plusieurs mois frustrants, passés à chercher un toit et une source de revenu qu'il rencontre Beatrice Etoo Sadi, une Congolaise qui lui a offert le meilleur cadeau qu'il pouvait espérer: l'apprentissage de compétences créatrices d'emploi.

Elle redonnait ce qu'elle avait reçu des années auparavant dans un cours de couture du Service Jésuite des Réfugiés (JRS). Aujourd'hui, par son enseignement à Jacob et à d'autres réfugiés, ses compétences ont fait un bien plus grand impact sur sa communauté qu'elle n'aurait pu l'imaginer.

Après avoir acheté sa propre machine à coudre, Jacob a commencé à établir des contacts avec ceux de sa communauté qui avaient entrepris la même carrière. Il a fini par rencontrer Simbi et Majalawa qui avaient similairement appris des compétences en couture à leur arrivée au Kenya – Simbi par sa femme, et Majaliwa à l'occasion d'une autre formation du JRS. Le collectif ainsi formé bénéficia d'un prêt pour petites entreprises ainsi que de deux machines à coudre du JRS. Tel a été leur point de départ. 

Ils ont démarré ensemble une coopérative à petite échelle et organisation à base communautaire, mais ont pu s'agrandir après avoir rencontré Renatha Campos Lino, une entrepreneuse brésilienne qui a commencé à vendre leurs créations au Brésil. Elle finit par engager des dessinateurs de mode et a lancé une entreprise, l'Africana, au Bréisl du sud.

L'Africana emploie maintenant 10 réfugiés couturiers pour fabriquer des articles de mode féminine et des articles pour la maison. Ils utilisent des matériaux provenant du monde entier, mais ils s'efforcent d'utiliser des étoffes africaines de Nairobi autant que possible.

Jacob, Simbi et Majaliwa redonnent à leur communauté en enseignant le savoir-faire couturier à de nouveaux étudiants et leur donnant finalement l'occasion de se joindre à leur équipe commerciale. Leurs efforts se portent surtout sur des femmes qui luttent pour s'adapter à vivre à Nairobi et surmonter les difficultés dues aux déplacements en zone urbaine. En plus de fournir cette formation, L'Afrikana a également engagé un conseiller psycho-social volontaire pour aider leurs étudiants couturiers à surmonter l'expérience traumatique vécue.

«J'ai été ému de voir davantage de réfugiés venir au milieu de situations dangereuses et ayant besoin d'assistance. Nous avons décidé de leur procurer de la protection à travers l'apprentissage de nouvelles compétences» dit Jacob.

«Tous les étudiants ont l'un ou l'autre défi à surmonter. Certains ont besoin de traitement médical pour pallier à de dangereuses complications ou encore d'un revenu pour vivre en sécurité à Nairobi tandis que d'autres ont été victimes de violence sexuelle. Nous ne voulons refuser personne et donc nous leur donnons un coup de main au lieu d'un don» dit Simbi.

«Quand je suis venu à Nairobi, je suis d'abord allé au JRS pour de l'aide d'urgence. J'ai pu ensuite me prendre en charge et maintenant je prends soin d'autres personnes. Je me sens un peu comme un modeleur, quelqu'un qui chauffe le métal et le transforme en quelque chose de bon» ajoute-t-il.

Simbi et les autres responsables de l'Afrikana ont utilisé les gains de leur entreprise pour la scolarité de près de 200 élèves kényans et réfugiés. Leur désir est de pouvoir assurer une scolarité à tous les enfants, mais ils savent que les frais scolaires, même des écoles publiques, sont trop élevés pour la plupart des familles. Et donc, ils paient les salaires des enseignants locaux qui donnent des cours à des enfants de familles à bas revenu, dans une école locale sur les terrains d'une église proche.

Les hommes espèrent qu'en 2016, non seulement ils pourront agrandir cette école mais aussi que leur entreprise devienne une entreprise sociale basée au Kenya. Ils auront besoin d'investissement extérieurs pour pouvoir réaliser des revenus substantiels.

«L'impact du CBO est positif. Mais nous pourrions nous étendre bien plus et être socialement plus innovateurs si nous disposions d'investissements plus importants. Nous pourrions investir pour un permis d'importation de matériaux et de plus de machines, et nous étendre sur de nouveaux marchés, par exemple en Europe» dit Leonardo Freitas, CEO de l'Afrikana.

Pour le moment, Jacob, Simbi et Majaliwa gèrent leur entreprise étape par étape. 

«Une étape de la vie est une leçon, chaque étape est un cours. Dans cette vie, nous devons apprendre tout ce qui est possible d'apprendre. Je n'aurais jamais pensé que je serais devenu tailleur, mais regardez-moi maintenant. La personne que j'étais quand je suis arrivé au Kenya et la personne que je suis maintenant sont complètement différentes» dit Jacob.

--Angela Wells, responsable de la communication, JRS Afrique Orientale

 Pour toute personne intéressée à investir dans l'Afrikana par email: easternafrica.communications@jrs.net


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