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Ouganda : L’intégration permet de reconstruire de nouvelles vies
19 avril 2016

«Oui, je suis un réfugié et je me bats pour survivre. Je dois sembler normal, mais j'ai des préoccupations continuelles qui passent dans ma tête. Cependant cela ne veut pas dire que mes mains et mes pieds sont coupés. Je suis capable d'être comme n'importe qui. Je peux persévérer. Pour ce qui me concerne mon avenir est brillant»

Kampala, 19 avril 2016  - Alors que de nombreux pays du monde occidental ferment leurs portes et augmentent les restrictions imposées aux  réfugiés, une nation  a, depuis des décennies,  une politique de porte ouverte à l'égard des réfugiés.

Actuellement, l'Ouganda accueille plus d'un demi million de réfugiés – non seulement leur permettant de chercher refuge et obtenir des papiers d'asile, mais aussi les encourageant à s'intégrer, en leur permettant de travailler, de cultiver la terre et de se déplacer librement dans le pays.

«Ici, en Afrique orientale, l'Ouganda a montré un remarquable souci d'accueillir les réfugiés, leur permettant de reconstruire leurs vies en sécurité et de ressentir la dignité qui vient du fait de gagner sa vie par un travail honnête» comme a dit le pape François au cours de sa récente visite en Ouganda à la fin de 2015.

En fait, 86% des réfugiés résident dans des pays en développement comme l'Ouganda, mais très peu de nations leur permettent la même liberté pour prospérer. La méthode d'intégration utilisée par l'Ouganda  s'est montrée une réponse aux réfugiés à la fois efficace et leur donnant de la dignité. 

Inclusion économique.  Selon une étude faite par l'Université Oxford en 2014, 78% des réfugiés urbains résidents à Kampala sont autosuffisants bien qu'ils ne reçoivent pas d'aide  internationale pour eux-mêmes, mais beaucoup possèdent des entreprises qui emploient à la fois des réfugiés et des Ougandais. 

L'Ouganda a réussi à maximaliser les talents des réfugiés plutôt que de les étiqueter comme «qui pèsent» ainsi que le font beaucoup de pays. Cette politique d'intégration est un exemple tangible et positif d'inclusion sociale dans l'économie, où chacun y  gagne.

L'étude d'Oxford a trouvé que vendre des textiles ou des vêtements, la couture, la coiffure et travailler dans des restaurants constituaient quelques-uns des principaux types d'emplois remplis par les réfugiés dans les régions urbaines d'Ouganda. Donc, le Service Jésuite des Réfugiés dans la capitale du pays, Kampala, aide les réfugiés à avoir accès à ces marchés  offrant des cours de  formation professionnelle, notamment en anglais, gestion d'entreprise, mode et dessin, coiffure, menuiserie et plats à emporter(restauration). 

Des centaines de réfugiés ont recommencé leur vie en Ouganda en participant à ces cours du JRS. Après avoir obtenu leur diplôme, quelques-uns ont réussi à obtenir de petits prêts pour entreprises, utilisés pour démarrer leur propre entreprise. D'autres ont trouvé un emploi dans des entreprises  ougandaises.

Croissance. Jeannette Chimondo est une des nombreuses réfugiées qui ont démarré leur propre entreprise de textile, après avoir reçu une formation du JRS.

« D'abord, après être arrivés, j'ai pensé que j'avais fait une erreur en venant ici. Nous vivions dans de difficiles conditions et mes enfants souffraient, mais j'avais une base de comptabilité et je savais que je pouvais commencer quelque chose si j'avais le capital. J'ai complété la formation en commerce du JRS et j'ai reçu d'importants cours en  attention à la clientèle. 

« J'ai vu qu'il y avait beaucoup de demande en textiles en Ouganda et j'ai senti que ce serait un bon secteur dans lequel entrer. J'ai reçu un prêt sans intérêts du JRS, qui m'a permis  de démarrer et d'élargir ensuite mon entreprise» a dit Jeannette

Comme tout autre propriétaire d'entreprise, Jeannette comptes sur des réseaux locaux pour s'agrandir. Quelquefois, elle obtient ses tissus par ses contacts en République Démocratique du Congo, et d'autre fois elle les achète en gros d'importateurs chinois à Kampala. Elle partage un magasin avec dix autres propriétaires d'entreprise dans le centre de la ville de Kampala, pour épargner sur le loyer. S'intégrer  dans la communauté d'accueil a été un point important de la réussite de son entreprise.

Quand je lui ai demandé quel conseil elle donnerait aux autres réfugiés avec de similaires aspirations,  Jeannette m'a dit confidentiellement:

«Quand vous devenez un réfugié, votre vie ne deviendra plus jamais la même, mais être  réfugié ne veut pas dire que vous avez atteint la fin de votre vie ou même la fin de la route. Si vous souffrez, s'il vous plait continuez à faire de votre mieux , n'importe quoi  où vous pouvez vous concentrer.»

S'adapter. Pour réussir dans les villes, les réfugiés urbains doivent  avoir diverses compétences et être créatifs. Musa Cirhuza, un réfugié Congolais de 28 ans vendait des biens dans un marché à Goma. Il n'a jamais pensé qu'il deviendrait menuisier jusqu'à ce qu'il s'est inscrit à ce cours du JRS. 

«J'ai appris que comme réfugié on doit savoir faire beaucoup de choses différentes. J'ai décidé d'accepter le défi de devenir menuisier  et par là, je suis devenu une personne plus patiente et créative. Je suis plus capable de m'adapter à cette situation difficile» a dit Musa.

Ces circonstances sont souvent muries avec les défis – avoir un lieu sûr pour dormir et de la nourriture suffisante est  souvent une lutte quotidienne pour beaucoup, mais l'espoir d'un meilleur avenir qui arrive avec plus d'apprentissage d'une nouvelle compétence donne à un réfugié comme Musa une perspective positive.

«Oui, je suis un réfugié et je me bats pour survivre. Je dois sembler normal, mais j'ai des préoccupations continuelles qui passent dans ma tête. Cependant cela ne veut pas dire que mes mains et mes pieds sont coupés.  Je suis capable d'être comme n'importe qui. Je peux persévérer. Pour ce qui me concerne mon avenir est brillant»

Angela Wells, responsable de la communication pour le JRS Afrique Orientale


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