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Malte-Libye: ne pas avoir le droit d'accéder aux soins médicaux
28 mai 2015

Une femme somalienne nourrit son enfant dans une ambulance à Malte juste après avoir été secourue en mer en juillet 2013. En Libye, où les migrants interceptés en mer sont détenus et souvent punis, et où les soins médicaux sont un luxe refusé aux détenus, la situation aurait probablement été très différente.
Quand nous avons dit qu'il y avait des hommes malades qui avaient besoin d'aide, ils ont commencé à nous battre tous. Un Somalien est mort le premier et les deux autres sont morts peu après. Ils ont laissé les corps là toute une journée avant de les enlever.
La Valette, 28 mai 2015 – Les mauvaises conditions des lieux de détention en Libye mènent souvent à des maladies parmi les détenus, spécialement à l'appareil respiratoire et des infections de la peau. Toutefois, les demandeurs d'asile interviewés disent que les soins médicaux étaient un luxe que peu, ou aucun, pouvaient se permettre. Quelquefois, une lotion était donnée pour la gale. Mais dans la grande majorité des cas, ceux qui étaient malades, même gravement, n'étaient pas traités. Ils ont dit que simplement demander des soins médicaux souvent provoquait leurs railleries ou une punition et certains migrants ont été simplement abandonnés, et sont morts de leur maladie. De nouveau, ce que ces interviewés disent correspond aux résultats des enquêtes faites par des organisations de droits humains.

Témoignages

Dahabo, 60 ans, est sérieusement malade: «J'ai une fois demandé de l'aide médicale aux soldats, et ils ont dit 'hmar (âne) assieds-toi' et se sont moqués de moi. Je n'ai jamais reçu aucune aide médicale.»

Farah: «Nous étions tenus dans une pièce sans fenêtres – il y avait 40 personnes entassées. J'ai été malade pendant près de trois mois, j'avais une mauvaise infection respiratoire. Je me sentais très mal, j'avais de la fièvre, je vomissais et si je me tenais debout j'avais le vertige. Les gens du UNHCR venaient et me trouvaient pat terre, au même endroit; ils me disaient qu'ils voudraient beaucoup m'aider, mais rien n'est arrivé. Puis, les autres prisonniers ont protesté pour moi. Ils ont refusé de manger pendant deux jours, et alors j'ai été emmenée à l'hôpital et j'ai obtenu un diagnostic, mais jamais de traitement. Ils m'ont ramenée et voilà.»

Yohannes: «Quand j'étais à Ajdabiya, il y avait trois hommes malades, deux Somaliens et un Erythréen. Nous avons frappé à la porte de la cellule pour le dire au gardien. Après beaucoup de temps, ils sont venus nous demander ce que nous voulions. Quand nous avons dit qu'il y avait des hommes malades qui avaient besoin d'aide, ils ont commencé à nous battre tous. Un Somalien est mort le premier et les deux autres sont morts peu après. Ils ont laissé les corps là toute une journée avant de les enlever.»

Amina: «J'ai été malade sept jours, et quand j'ai dit que j'avais besoin d'un docteur, ils ont dit: c'est ton problème, cela ne nous regarde pas.»